lundi 20 novembre 2017
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Une médecine sans médecin : le goût du risque

Par sa présence au congrès de la Conférence Nationale des URPS des médecins libéraux, la ministre de la Santé, le Professeur Agnès Buzyn, marque cette rentrée de septembre.

Son intervention est susceptible de dater son mandat : elle souffle un vent d’espoir. Un médecin a parlé à d’autres médecins, touchant aux racines d’une identité commune. Bien sûr les paroles, à force d’être maltraitées, ont perdu aujourd’hui de leur impact, mais elles constituent ici le point de départ sur le chemin de la confiance.

Deux points particuliers de son analyse font enfin écho à nos propos : les déserts médicaux et les organisations sanitaires. Elle réfute ce terme de désert médical, forgé dans l’union des politiques et des technocrates pour médiatiser une volonté et confondre le résultat d’une politique de santé avec une caractéristique géographique d’un territoire où jamais rien n’a pu pousser. Outre le non-sens sémantique, cette terminologie, devenue une pétition de principe, est une façon de ne pas penser en s’inspirant de la posture de l’autruche. C’est aussi l’histoire du boulanger, sketch célèbre d’un humoriste de la génération de nos parents. Comment s’étonner, après tant d’années aucours desquelles on s’est acharné sur les médecins libéraux, de ne plus trouver de jeunes désireux de s’engager dans une telle pratique de la médecine ? Le lien est facile avec les organisations territoriales. L’idée technocratique est que, débarrassé des médecins, il serait possible de construire de vraies organisations médicales sur nos territoires. L’Occitanie pourrait d’ailleurs être la vigie de l’Hexagone, tant les médecins libéraux sont devenus des spectateurs conviés au spectacle de la réorganisation des soins. Nous serons donc parmi les premiers dans notre grande région à percevoir les prémices de la traduction pratique de la volonté de Madame la ministre de la Santé. Nous continuons d’affirmer qu’il n’y a pas de possibilité d’innovations dans les organisations sanitaires sans les bâtir à partir de l’initiative des acteurs de terrain et dans la confiance accordée aux médecins. Ces initiatives doivent être favorisées, soutenues, accompagnées par les institutionnels, dont l’URPS. Nous saluons et nous nous impliquons dans les nouvelles formes d’exercice proposées par les maisons de santé pluriprofessionnelles. Nous refusons qu’elles soient un modèle unique, un passage obligé, une mise en conformité de notre pratique médicale. Il est urgent d’inverser la vapeur, les médecins sont prêts.

L’ordinateur a vaincu le joueur d’échec et le joueur de go, cela ne veut pas dire pour autant que le robot informatisé va remplacer demain le médecin. La médecine n’est pas qu’un acte technique, ce n’est pas qu’un savoir appliqué. Être médecin est une pratique d’hommes et de femmes qui s’appuient sur leurs connaissances pour s’engager et soigner des hommes et des femmes malades.

Cette vision du médecin est-elle le passé de la médecine ?

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