mercredi 19 septembre 2018
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Edito du président

Que voulons-nous comme médecine ?

Un médecin même ministre de la santé peut-il inverser la tendance de nos rapports avec le pouvoir tant administratif que politique ?

Le changement de ton comme l’intelligence dialectique sont spectaculaires. Cependant sur le terrain de nos missions régionales, nous restons toujours face au mur d’un pragmatisme immuable.

A l’heure où le National Health Service Britannique, modèle de nombre de nos technocrates zélés, risque l’effondrement du château de cartes, quelle est notre responsabilité de médecins dans les évolutions hexagonales de l’organisation des soins ? Comment nous exonérer de ce questionnement ?

Elus en région de la profession, nous transmettons à nos confrères les informations nécessaires à l’utilisation des déclinaisons organisationnelles de la dernière Loi de santé. Nous décryptons les messages, nous accompagnons ceux qui nous sollicitent, nous répondons aux demandes de l’ARS. Nous participons à des réunions où fréquence fait écho à redondance. Nous siégeons aux instances,  nommées abusivement  démocratie sanitaire. Nous sommes dans les couches du millefeuille au même titre que les autres acteurs concernés par les questions de santé.

Nous voilà donc au cœur d’un changement qui se constitue. Jusque-là écoutés de façon mythique, les médecins ont aujourd’hui du mal même à être entendus.

Nous ne pensons pas que les organisations sanitaires se construisent par la sempiternelle déclinaison de dizaines de diapositives. Celles-ci font de la HAS le seul interlocuteur médical des tutelles. Elles confient la gestion des risques, du traitement des effets indésirables, des pratiques médicales, des relations entre médecins et professionnels de santé aux gestionnaires des établissements ou encore à leurs responsables qualité.

Nous ne voulons pas de cette médecine-là. C’est aussi une médecine où les assurances battent campagne pour vendre du médecin virtuel  à leurs clients. Nous voulons une organisation qui parte du terrain, de l’individu qui devient patient, et qui s’adresse à un médecin qui sera son médecin. Comment en est-on arrivé à ce que la complexité devienne non le soin mais le fait de trouver un médecin ?

La médecine est une affaire d’hommes et de femmes qui s’intéressent à des hommes et à des femmes. Certains sont médecins, tous peuvent être patients. Il leur appartient de tisser des liens pour construire des organisations améliorant et facilitant l’exercice de la médecine. Le faire sans les médecins, c’est la certitude du risque.

Nous ne porterons pas cette responsabilité.

Heureuse année 2018, en bonne santé !

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